La phase lutéale est la deuxième moitié de ton cycle menstruel — la période allant de l’ovulation au début de tes prochaines règles, dominée par la progestérone. C’est la phase où la plupart des plaintes liées au cycle apparaissent : SPM, changements de sommeil, sautes d’humeur, fringales, sensibilité des seins. C’est aussi la phase la plus longue et la plus stable dominée par une seule hormone, d’une durée d’environ 12 à 14 jours.

Comprendre ce qui se passe pendant la phase lutéale change la façon dont tu l’abordes. Le corps fait réellement quelque chose de différent ici — il ne fonctionne pas mal. Ce guide couvre la physiologie, ce qui est normal, ce qui ne l’est pas, et ce qui aide réellement.
Faits rapides
- Quand : De l’ovulation au jour précédant tes prochaines règles (généralement les jours 15 à 28 d’un cycle de 28 jours)
- Hormone définissante : Progestérone (avec œstrogènes secondaires)
- Durée : 12 à 14 jours, très constante pour la plupart des femmes
- Ce que fait l’ovaire : Le corps jaune produit de la progestérone
- Ce que fait l’utérus : L’endomètre mûrit en préparation d’une éventuelle grossesse
- Comment la plupart des femmes se sentent : La première moitié est calme et stable ; la deuxième moitié est le moment où les symptômes du SPM ont tendance à apparaître
Qu’est-ce que le corps jaune ?
Lorsque l’ovule est libéré lors de l’ovulation, le follicule vide ne s’effondre pas simplement. Il se transforme en corps jaune — une glande endocrine temporaire qui produit de grandes quantités de progestérone, ainsi que des œstrogènes.1
Le corps jaune a une durée de vie programmée d’environ 14 jours, à moins qu’il ne reçoive un signal indiquant qu’une grossesse a eu lieu :
- Pas de grossesse : Vers le 24e-26e jour, le corps jaune se dégrade. La progestérone et les œstrogènes chutent brusquement. Cette chute déclenche les menstruations.
- Grossesse : L’hCG embryonnaire signale au corps jaune de continuer à produire de la progestérone jusqu’à ce que le placenta prenne le relais vers la 10e semaine.
C’est pourquoi la durée de la phase lutéale est si stable — c’est la durée de vie du corps jaune qui la régit, et non le calendrier.

Ce que fait réellement la progestérone
La progestérone est une hormone calmante, constructive, de type “attendre et voir”. Ses effets sur le corps :
| Système | Effet de la progestérone |
|---|---|
| Utérus | Épaissit et stabilise l’endomètre pour une implantation potentielle |
| Température corporelle | Augmente la température basale de 0,3 à 0,5 °C — maintenue jusqu’aux règles ou pour la grossesse |
| Cerveau | Les métabolites agissent sur les récepteurs GABA — calmants au début de la phase lutéale, mais peuvent se transformer en sensation d’anxiété lorsque les niveaux fluctuent |
| Sommeil | Légèrement sédatif ; augmente la sécrétion de mélatonine ; peut fragmenter le sommeil lorsqu’il est élevé |
| Appétit | Augmente la faim ; l’apport énergétique augmente généralement de 100 à 300 kcal/jour2 |
| Sensibilité à l’insuline | Légèrement réduite par rapport à la phase folliculaire |
| Muscle lisse | Relaxe — affecte la digestion (transit plus lent, ballonnements possibles, constipation) |
| Tissu mammaire | Stimule le développement glandulaire — sensibilité et légère augmentation de taille courantes |
Les deux moitiés de la phase lutéale
La phase lutéale n’est pas uniforme. La plupart des femmes connaissent deux périodes distinctes :
Début de la phase lutéale (jours 1 à 7 après l’ovulation)
La progestérone atteint son pic de mi-phase lutéale. De nombreuses femmes rapportent :
- Humeur calme et stable
- Meilleure concentration sur le travail détaillé
- Température corporelle légèrement plus élevée
- Le sommeil est généralement bon — parfois plus profond
- Énergie toujours bonne
- Faim légèrement plus élevée
C’est souvent la meilleure fenêtre de la deuxième moitié du cycle pour un travail stable et concentré.
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Fin de la phase lutéale (jours 8 à 14 après l’ovulation — la fenêtre du SPM)
La progestérone atteint son pic vers le 7e jour post-ovulation, puis commence à chuter. C’est à ce moment que les symptômes du SPM apparaissent généralement :
- Irritabilité, anxiété, labilité de l’humeur
- Sensibilité des seins
- Ballonnements, rétention d’eau
- Fragmentation du sommeil, surtout les 3 à 5 derniers jours
- Fringales (souvent sucrées ou salées)
- Motivation réduite, énergie plus faible
- Éruptions cutanées possibles 3 à 7 jours avant les règles
Pour environ la moitié des femmes, les symptômes de la fin de la phase lutéale sont perceptibles mais gérables. Pour environ 1 femme sur 5, ils atteignent le seuil du SPM — consulte les remèdes naturels contre le SPM pour savoir ce qui aide réellement. Pour environ 1 femme sur 50, ils répondent aux critères du TDPM, qui est une bête différente.
L’entraînement pendant la phase lutéale
C’est la phase où les influenceurs du cycle te disent de “ralentir” ou de ne faire que du yoga. Les preuves réelles sont plus nuancées.
Une méta-analyse de 2020 portant sur 78 études sur la phase du cycle menstruel et la performance physique a conclu que les différences de performance entre les phases sont globalement triviales.3 En d’autres termes : en moyenne, la phase lutéale ne réduit pas de manière mesurable la force, l’endurance ou la capacité pour la plupart des femmes.
Ce qui change :
- L’effort perçu est souvent plus élevé — les entraînements semblent plus difficiles même lorsque la performance objective n’a pas changé
- La température corporelle est élevée — la tolérance à la chaleur est légèrement réduite
- La fréquence cardiaque à intensité sous-maximale est plus élevée
- La récupération semble plus lente pour certaines femmes, surtout les 3 à 5 derniers jours
Implications pratiques :
- Jours 1 à 7 post-ovulation : Entraîne-toi normalement. La force, l’intensité et le volume peuvent tous correspondre aux chiffres de la phase folliculaire.
- Jours 8 à 14 post-ovulation : Adapte-toi en fonction de ce que tu ressens, pas du calendrier. De nombreuses femmes réalisent encore des records personnels ici ; d’autres se sentent à plat. Sois attentive.
- Cardio : Effort perçu légèrement plus facile si tu restes en dessous du seuil. Les longues séances stables se sentent généralement bien.
- Chaleur : Sois plus prudente — ton corps est déjà plus chaud.
Il n’est pas nécessaire de réduire considérablement l’entraînement pendant la phase lutéale pour la plupart des femmes. Il n’est pas non plus nécessaire de forcer les jours où tu te sens mal — écoute ton corps, mais ne réduis pas préventivement en fonction du jour du cycle.
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Nutrition pendant la phase lutéale
C’est la phase où l’apport énergétique change réellement. Une revue narrative de 2023 sur l’apport alimentaire tout au long du cycle menstruel a révélé que l’apport énergétique est plus élevé pendant la phase lutéale par rapport à la phase folliculaire — parfois de 100 à 300 kcal/jour.2
Ce n’est pas un manque de discipline. C’est métabolique — le taux métabolique basal est légèrement élevé pendant la phase lutéale (augmentation d’environ 2 à 10 % par rapport à la ligne de base folliculaire), et la progestérone augmente l’appétit.
Observations pratiques :
- Mange — tu as réellement besoin d’un peu plus dans la deuxième moitié du cycle
- Les besoins en protéines sont stables — mais atteindre ton objectif de protéines est encore plus important pour la satiété
- Les fringales de glucides sont réelles — en partie liées à la sérotonine (les glucides augmentent brièvement la sérotonine). Les glucides à base d’aliments entiers aident ; les raffinés ont tendance à provoquer des pics puis des chutes d’humeur
- La rétention de sodium est réelle — les ballonnements dus à la progestérone sont en partie de l’eau, pas de la graisse
- Réduis la caféine et l’alcool les 5 derniers jours — les deux aggravent les symptômes d’humeur et de sommeil
Sommeil pendant la phase lutéale
L’architecture du sommeil change pendant la phase lutéale. Les principaux changements :
- La température corporelle est élevée — l’endormissement peut prendre plus de temps
- Le sommeil paradoxal peut légèrement diminuer
- Le sommeil à ondes lentes (profond) est préservé ou légèrement augmenté au début de la phase lutéale
- Fin de la phase lutéale : augmentation des réveils, sommeil plus léger
Ce qui aide :
- Chambre plus fraîche (16-18°C) — pour contrer l’augmentation de température
- Détente plus tôt — la progestérone est sédative mais pas assez pour compenser une soirée stimulante
- Glycinate de magnésium 200-400 mg — favorise le sommeil et réduit la rétention d’eau (magnésium pour le SPM)
- Réduis l’alcool — surtout en fin de phase lutéale, lorsque son effet perturbateur sur le sommeil est amplifié
Peau pendant la phase lutéale
La chute des œstrogènes (qui contrôlaient le sébum) et l’augmentation de la progestérone (qui ne le fait pas) modifient le schéma cutané. L’éruption lutéale — acné sur le menton, la mâchoire, le bas du visage 3 à 7 jours avant tes règles — est le schéma classique. Les traitements locaux à l’acide salicylique et au peroxyde de benzoyle sont de première ligne ; pour les femmes souffrant d’acné hormonale persistante, une consultation dermatologique en vaut la peine.
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Quand les symptômes de la phase lutéale deviennent du SPM ou du TDPM
La ligne honnête : ce n’est pas l’intensité qui définit le SPM par rapport au TDPM. C’est l’impact fonctionnel et le profil des symptômes.
- Symptômes lutéaux légers à modérés : Gérables, ne perturbent pas la fonction quotidienne — c’est le cas de la plupart des femmes. Traiter avec le mode de vie et les suppléments.
- SPM : Symptômes suffisamment importants pour affecter la qualité de vie. Consulte les remèdes naturels contre le SPM pour des approches fondées sur des preuves.
- TDPM : Symptômes psychologiques graves (dépression, anxiété, désespoir, rage) qui perturbent réellement le travail, l’école ou les relations. Consulte qu’est-ce que le TDPM — c’est un véritable diagnostic psychiatrique nécessitant plus que des suppléments.
Une question diagnostique utile : la semaine après le début de tes règles, vas-tu essentiellement bien ? Si oui, le problème est lié au cycle. Si non — les symptômes persistent tout au long du mois — ce qui ressemble à du SPM peut être un trouble de l’humeur sous-jacent aggravé par les fluctuations hormonales.
Ce qui vient ensuite
Si la grossesse ne se produit pas, la progestérone chute, l’endomètre perd son soutien hormonal et la phase menstruelle commence. Le cycle revient ensuite à la phase folliculaire et vers la prochaine ovulation.
Pour un aperçu complet du cycle, consulte les phases du cycle menstruel.
En résumé
La phase lutéale est la deuxième moitié de ton cycle, dominée par la progestérone. La première semaine est souvent calme et stable ; la deuxième semaine est la fenêtre du SPM où les symptômes ont tendance à culminer. L’apport énergétique est réellement plus élevé, le sommeil est légèrement moins bon, l’effort d’entraînement perçu augmente même si la performance ne le fait pas. Les interventions les plus utiles sont pratiques : chambre plus fraîche, moins de caféine et d’alcool en fin de phase lutéale, magnésium pour le sommeil et la rétention d’eau, et ne pas prétendre que le 25e jour devrait ressembler au 12e jour. Ce n’est pas le cas.
Messinis IE, Messini CI, Dafopoulos K. Novel aspects of the endocrinology of the menstrual cycle. Reproductive BioMedicine Online. 2014;28(6):714-22. PubMed | DOI ↩︎
Rogan MM, Black KE. Dietary energy intake across the menstrual cycle: a narrative review. Nutrition Reviews. 2023;81(7):869-886. PubMed | DOI ↩︎ ↩︎
McNulty KL, Elliott-Sale KJ, Dolan E, et al. The Effects of Menstrual Cycle Phase on Exercise Performance in Eumenorrheic Women: A Systematic Review and Meta-Analysis. Sports Medicine. 2020;50(10):1813-1827. PubMed | DOI ↩︎





